Lettre ouverte à : Ministère néerlandais des Affaires générales Roquetaillade, le 2 mai 2006 Copie au service des contributions de Winterswijk Votre référence : 64.57.502. Objet : Fin de l’apartheid économique Cher Monsieur Balkenende, Afin de préserver ma propre crédibilité, je cesserai d’une part de réclamer des intérêts (de la société De Hutte Holding BV) et d’autre part de payer des intérêts (EURL Petit Château Roquetaillade – Aveyron), à compter de ce 10 mai 2006. Ces deux sociétés constituent, sur le plan de l’économie d’entreprise, une seule et grande mascarade, mais aussi curieux que cela puisse paraître, cette mascarade constitue le germe d’une union provocante : celle de la philosophie et de l’esprit d’entreprise. Étant donné que les deux entreprises ci-dessus cessent d’exiger et de payer des intérêts, je refuserai de payer des impôts sur les intérêts de la société De Hutte Holding BV à compter de ce 10 mai 2006. Le choix de cette date du 10 mai 2006 n’est pas le fruit du hasard : il s’agit du jour de la première commémoration officielle en France de l’abolition de l’esclavage. Il s’agit d’un thème toujours très actuel en ce qui me concerne, pour peu que l’on étudie en profondeur le trou noir de notre pensée et de notre action politiques et économiques actuelles. Il va de soi que je suis prêt à défendre mes décisions devant une cour de justice. Monsieur Balkenende, peut-être que dans un monde dominé depuis des siècles par la concurrence mutuelle, religieuse, ethnique, politique et économique, notre principale angoisse est de triompher, l’angoisse d’être égaux : une personne parmi tant d’autres. Comment pouvons-nous être libres lorsque la liberté économique des uns implique l’oppression des autres, suite logique de notre conviction et de la mise en pratique de la concurrence mutuelle, l’apartheid économique. Vous trouverez ci-joint un film sur deux personnes incroyablement courageuses, des concurrents politiques à l’origine, mais qui ont su témoigner d’un courage sincère et honnête de rechercher une issue commune, car tous deux en comprenaient l’intérêt public. Qu’ils nous servent d’exemples pour trouver le chemin de la paix, de la liberté et de la justice pour tous, un chemin parsemé d’embûches mais qui nous demande à chacun, quel que soit le rôle que la vie nous réserve, pauvre ou riche, grand ou petit, d’apporter une contribution constructive pour parvenir à la liberté de tout être vivant. Vous trouverez également une tentative pour poser les fondements de la fin de l’apartheid économique. La société est une entité unique et indivisible, une entreprise de tous, par tous et pour tous. Cordialement, De Hutte Holding BV & EURL Petit Château Roquetaillade – Aveyron PIÈCE JOINTE I DVD Mandela et de Klerck
- Notre richesse potentielle réside dans la liberté que nous créons pour nous-mêmes et pour les autres -
Une tentative pour poser les fondements de la fin de l’apartheid économique.
Peter Hoopman Roquetaillade, le 1er mai 2006
« Tu m’as encore mis dans de beaux draps. »
La fin du monde approche. La chaîne de télévision CNN offre aux représentants des différentes religions la possibilité de s’adresser à l’humanité. Le pasteur vient en premier lieu et déclare : « Nous avons péché. Nous sommes impuissants devant ce dénouement. Les glaces de l’arctique et de l’antarctique fondent et l’eau nous atteindra. Il ne nous reste plus que deux semaines pour confesser nos péchés et nous préparer pour l’autre monde ». Le prêtre vient ensuite et dit : « Le péril est grand, mais nous pouvons nous réjouir de la vie éternelle qui nous attend. Nous pouvons réparer nos fautes les uns envers les autres et nous préparer à une éternité divine. » Vient ensuite l’imam qui annonce : « Nous payons aujourd’hui le prix collectif que l’occident dépravé et décadent a répandu sur nous. » Vient enfin le rabbin qui se précipite à l’intérieur, jette sa veste sur la chaise, remonte ses manches et déclare : « Il nous reste très peu de temps. Nous avons deux semaines pour apprendre à vivre sous l’eau. »
Texte repris en grande partie du quotidien néerlandais Trouw.
Une tentative pour poser les fondements de la fin de l’apartheid économique
Oh non, notre eau potable se pollue… Mais heureusement, cette situation est « bonne » pour l’économie car quelqu’un va pouvoir se charger de l’épurer. Et ceci augmente également le profit de quelqu’un ou de quelque chose, puisque la pollution conduit à la pénurie. À la fin des années quatre-vingt, une après-midi thématique est organisée à l’école supérieure d’agriculture de Deventer (Pays-Bas), traitant du problème des engrais apparu aux Pays-Bas. Des exploitants agricoles des environs ont également été invités, afin d’enrichir les débats de leurs expériences dans la pratique. À la fin de l’après-midi, visiblement excédé par les discussions, l’un des exploitants se lève et déclare : « Nom de dieu, laissez-nous gagner suffisamment, avec cet argent nous saurons régler nos problèmes nous-mêmes ». À cette époque, je n’ai pas pu m’expliquer qu’il pense ainsi, qu’il puisse être aussi « stupide ». Ce n’est que des années plus tard que j’ai pris conscience de ma propre stupidité, en comprenant que cet agriculteur avait donné la meilleure synthèse de notre système politico-économique, notre pensée et notre action économiques : la croissance et le profit d’abord, ensuite on verra. Vingt-neuf mai 2005, résultat du référendum sur la constitution européenne en France. Les vainqueurs et les perdants des différentes formations politiques se rencontrent pour un débat télévisé. Ce débat constitue une illustration parfaite de la pauvreté et de la faillite de la pensée politique actuelle, selon laquelle la foi dans la « victoire » ou l’ « échec » l’a emporté sur la conscience que nous sommes des personnes parmi tant d’autres et que nous avons de ce fait des responsabilités individuelles et communes. Mars - avril 2006, la France descend en masse dans la rue pour manifester. Au fil du temps, les citoyens et les pouvoirs publics sont devenus des concurrents qui luttent chacun pour leur propre survie individuelle sans plus pouvoir entendre ni voir l’autre, car la survie individuelle de chacun est en jeu dans un monde qui croit en la concurrence. L’apartheid économique (concurrence) est aujourd’hui institutionnalisé quasiment partout dans le village mondial. Il a finalement semé la méfiance et éloigné les gens non seulement les uns des autres mais aussi de la politique et des entreprises, rendant la démocratie impuissante. Nous créons des dettes sur des dettes, nous spéculons avec légèreté, sans début ni fin et dans le vide, sans aucune racine dans la société. Le résultat : une symbiose négative de dépendance, de chantage et d’hypocrisie. Si nous voulons de nouveau être égaux, nous devrons nettoyer notre communication économique de la corruption que nous lui avons donnée : l’intérêt sur l’argent. Nous continuerons de cultiver nos aliments, de construire des habitations et d’instruire nos enfants, car il s’agit de priorités mais sans la croyance dans le profit et la croissance. Nous créerons alors la possibilité de nous redécouvrir les uns les autres et d’ouvrir des portes qui étaient fermées jusque là, en apprenant de nouveau à communiquer entre nous dans l’égalité et en prenant conscience que l’humanité et la nature sont une entité unique et indivisible qui s’étend en une diversité infinie. Les entreprises doivent redevenir le pivot solide d’une démocratie ouverte, dynamique et saine, ce qui rétablira la confiance dans la société, sur la base du partage, de la sincérité, de l’égalité et de la coopération.
(Cette lettre est une traduction par Language Unlimited BV) |
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